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Vert, bleu, violet

Le soleil se couchait.

Sur la plage
J’ai ramassé un galet
Un joli
Vert, bleu, violet.

Le voici.

Je vous le donne.

Mon cœur

De valeur
De précepte
De déduction

Mon cœur
M’interdit de te parler …

Je te dirais

Primitif
Si je n’étais poète

Je te dirais
Que je te désire.

Le présent merveilleux

Un jour
Fébrilement
Tu as reçu
Le présent merveilleux
L’objet fragile
Emballé
Dans un beau papier.

Tu en as fait
Ce que tu en as fait.

Et je ne vous parlerais plus

De ce bon cru
Pour me délier la langue !

De ce noble breuvage
Ou je ne soufflerai mot !

De ce pourpre !
De cet enflammé !

Et je ne vous parlerais plus
Que de l’Automne
Ou de Marie …

Qu’est un visage

Qu’est le ciel
Sans l’astre brûlant ?

Qu’est un visage
Sans sourire

Qu’est l’œuvre
Sans le Sceau ?

Dans tes sabots

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A Vincent mon ami
Le petit hollandais
Qui ne porte
Que des pantalons rapiécés
Mais qui sait
Si bien dessiner
J’ai donné
La moitié
De mon goûter.

Marie
Qui porte des tresses
Et un joli tablier
M’a fait un clin d’œil
Puis m’a dit :
Dans tes sabots
Tu trouveras sûrement
Un beau cadeau …

Le premier prix

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Cette année
C’est Ibrahim
Un ancien de la classe
Qui a eu
Le premier prix
De géographie.

Il m’a raconté:
Un jour
Comme dans un cauchemar
Il aurait presque jeté à la rivière
Ses beaux timbres
Du monde entier …

Sur tes lèvres le sourire

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Mon enfant
Mon soleil

Quel est ce monstre
Ce scélérat
Qui ose éteindre

Sur tes lèvres le sourire
Dans ton cœur
Le soleil ?

A la tienne, l’Automne !

Quand il lève son verre
D’une voix tonitruante lance:
A la vôtre !
Ceux qui le connaissent
Qui le reconnaissent
Se redressent
Le regarde dans les yeux
Répondent :

A la tienne, l’Automne !

Venez vous réchauffer les mains

Ci-commence
L’enfer lent
De l’hiver.

Mon poète
Munissez-vous
De vos mots de combat.

Venez vous réchauffer les mains
Avec les camarades …

Il se fait même appeler l’harmattan

Il n’est pas que du nord
Et s’il est du sud
Il n’apporte pas
Que chaleur et beau temps.

Parfois
Il se fait même appeler l’harmattan.

Mais toujours il est le vent,
Il est un.

Une grande fête

Ne pourrions-nous ordonner
Une grande fête

A laquelle les hommes,

Ceux de la montagne
Et ceux de la plaine,

Viendront goûter à l’automne ?

Un doux songe

Les images accrochées au mur
Les images de visages
Qui sourient

Si tu partais

Ne t’accompagneront point.

Mais il t’attend
Sur l’autre rive
Un doux songe
De toujours, ta prière.

De bon cœur

L’automne, cette année
Nous apportera
Des nuages chargés

De joie.

Nous rirons
De bon cœur.

Laissez-lui les arbres

Laissez-lui les arbres.

Il aime
Doucement
A les dévêtir.

L’automne.

Pinocchio

L’été ment,
Pinocchio.
Les soirs s’allongent.

L’automne,
Franc et sincère,
Sur le chemin de l’école
Dépose des flaques d’eau.

Le feu et les couleurs

Il met le feu aux forets,

Le feu et les couleurs.

Pyromane,
Mais à sa façon.

L’automne.

Il fut un feu

Il était un arbre
Il était une ombre légère
Il était toi
Il était notre amour

Il fut un feu

C’est l’enfer.

Voyez-le calciné

L’arbre
Attisait dans ma poitrine
La braise rouge de la vie.

Voyez-le calciné
Et moi
A la phtisie condamné.