Le soleil se couchait.
Sur la plage
J’ai ramassé un galet
Un joli
Vert, bleu, violet.
Le voici.
Je vous le donne.

Le soleil se couchait.
Sur la plage
J’ai ramassé un galet
Un joli
Vert, bleu, violet.
Le voici.
Je vous le donne.
De valeur
De précepte
De déduction
Mon cœur
M’interdit de te parler …
Primitif
Si je n’étais poète
Je te dirais
Que je te désire.
Un jour
Fébrilement
Tu as reçu
Le présent merveilleux
L’objet fragile
Emballé
Dans un beau papier.
Tu en as fait
Ce que tu en as fait.
De ce bon cru
Pour me délier la langue !
De ce noble breuvage
Ou je ne soufflerai mot !
De ce pourpre !
De cet enflammé !
Et je ne vous parlerais plus
Que de l’Automne
Ou de Marie …
Qu’est le ciel
Sans l’astre brûlant ?
Qu’est un visage
Sans sourire
Qu’est l’œuvre
Sans le Sceau ?
Quand il lève son verre
D’une voix tonitruante lance:
A la vôtre !
Ceux qui le connaissent
Qui le reconnaissent
Se redressent
Le regarde dans les yeux
Répondent :
A la tienne, l’Automne !
Ci-commence
L’enfer lent
De l’hiver.
Mon poète
Munissez-vous
De vos mots de combat.
Venez vous réchauffer les mains
Avec les camarades …
Il n’est pas que du nord
Et s’il est du sud
Il n’apporte pas
Que chaleur et beau temps.
Parfois
Il se fait même appeler l’harmattan.
Mais toujours il est le vent,
Il est un.
Ne pourrions-nous ordonner
Une grande fête
A laquelle les hommes,
Ceux de la montagne
Et ceux de la plaine,
Viendront goûter à l’automne ?
Les images accrochées au mur
Les images de visages
Qui sourient
Si tu partais
Ne t’accompagneront point.
Mais il t’attend
Sur l’autre rive
Un doux songe
De toujours, ta prière.
L’automne, cette année
Nous apportera
Des nuages chargés
De joie.
Nous rirons
De bon cœur.
Laissez-lui les arbres.
Il aime
Doucement
A les dévêtir.
L’automne.
L’été ment,
Pinocchio.
Les soirs s’allongent.
L’automne,
Franc et sincère,
Sur le chemin de l’école
Dépose des flaques d’eau.
Il met le feu aux forets,
Le feu et les couleurs.
Pyromane,
Mais à sa façon.
L’automne.
Il était un arbre
Il était une ombre légère
Il était toi
Il était notre amour
Il fut un feu
C’est l’enfer.
L’arbre
Attisait dans ma poitrine
La braise rouge de la vie.
Voyez-le calciné
Et moi
A la phtisie condamné.