Si la muse frappe à votre porte
Invitez-la donc à entrer
Comme vous le feriez
Avec monsieur votre voisin
Mais avec elle
Gare à n’échanger
Que des politesses !
Si la muse frappe à votre porte
Invitez-la donc à entrer
Comme vous le feriez
Avec monsieur votre voisin
Mais avec elle
Gare à n’échanger
Que des politesses !
Ma fille
L’arbre ancestral
La mémoire déjà trop chargée
Ne se souviendra ni de toi
Ni des petites étoiles charmantes
Venue la nuit
Qui filent au dessus de sa tête …
Un pouce de ta peau claire
Vaut toute la mienne, basanée
Ainsi le veut l’Ordre
Je CH… sur l’Ordre.
Dein Spiegelbild auf dem Meer
Rutscht mir zwischen die Finger
Mein Mond
Dich will Ich …
(aus dem Französischen übersetzt)
Ton reflet sur la mer
Me glisse entre les doigts
Ma lune
C’est toi que je veux …
La mer me fuit
Certitude :
Je rejoindrai un jour le rivage
Je goûterai à la saveur du large
Je me laisserai
Doucement
Emporter par la vague
Je m’installe cet été
En ma prison de commerce …
J’ai donné à ma voix un timbre
Et j’ai chanté
J’ai créé la percussion
Et j’ai joué de l’instrument
Que de pirouettes dans l’air
Que de tourbillons
Pour te séduire
Sans quoi
Tu serais passée
Indifférente …
Une fois pour toute
Que je vous décrive la taverne.
Les murs, déjà, vous étonnent :
Verticale et horizontale
Se confondent.
L’entrée par laquelle vous êtes entrés
N’est pas l’entrée
Mais la sortie.
Ivre, chancelant,
Vous vous dirigez vers la sortie
Mais c’est vers l’entrée que l’on vous mène.
En un mot :
A la taverne, on n’entre pas
De la taverne, on ne sort pas.
Les guirlandes que vous voyiez colorées
Ne le sont plus.
Elles ne sont plus.
Tout est lumière.
Hans était ici
Assis à votre table.
Où est-il ?
Qui êtes-vous ?
Es-Saguia, la serveuse, belle
Elle,
Est là.
Son parfum merveilleux vous imprègne
Il est vous-même
Il est partout
Il est tout.
Une muse
Ne repousse pas
Son poète
Ou alors seulement
De ses doigts de tendresse
Il irait sans quoi
A jamais muet
Comme une ombre
S’évanouir dans la brume …
N’en déplaise au ministère
Je mettrai dans mon curriculum
Puisqu’il est vitæ
Que maintes fois
J’ai eu l’infime honneur
De serrer la main
A la Folie.
Le combattant meurt
L’arme à la main
Le poète meurt
Dans la tête
Des mots qui dansent …
(A Gibran Khalil Gibran)
Et Almitra demanda
Ou peut-être ne demanda-t-il pas :
L’Arbre aime-t-il les hommes ?
Et le prophète répondit
Ou peut-être ne répondit-il pas :
Ceux-là qui croient
Que l’Arbre ne fait que donner ou prendre
Et qui ne prient
Que pour qu’il leur donne
Ou qui ne prient
Que pour qu’il ne leur prenne pas
Ceux-là
Sont à l’Arbre indifférents …
La mère alluma un cierge
L’enfant en fit autant
La mère plongea dans les prières
L’enfant regardait la flamme
Emerveillé.
Aux autres
Je n’ose dire ma pensée.
J’écris
Pour meubler le silence.
Marie,
A toi seule, je me confie :
Je rêve de toi
Me prendre dans tes bras
Et me bercer …
Vous est-il arrivé
Dans la rue
De croiser un homme
Un inconnu
Que vous auriez aimé
Entraîner
Vers un estaminet
Vider avec lui
Quelques demis
Lui raconter vos voyages
Votre vie
Et tard dans la soirée
Sur son épaule
Comme un enfant
Pleurer ?
Si ni l’hiver n’a eu raison de toi
Ni la guerre
Ni la faim
Ni la peur
Ni même la solitude
Si tu peux encore voir les couleurs déborder
Si tu peux encore voir la lumière éclater
Alors :
Welcome to the paradies !
Le diable est un éminent savant.
Pourquoi Nobel
Persiste-t-il
A l’ignorer ?
Parmi ses grandes inventions :
L’argent.
Der Wind
In einem Sog gefangen
Beschwert sich nicht über den Schwindel.
Wäre ich der Wind !
(aus dem Französischen übersetzt)
Le vent
Pris dans un tourbillon
Ne se plaint pas de vertige.
Que ne suis-je le vent !
Dans notre classe
Il y a bien des élèves intelligents
Karl, par exemple
Qui dit que les sous
Ca ne sert à rien
Et Sigmund
Amoureux de notre maîtresse
Un grand timide
Que j’ai surpris un jour pourtant
A pincer une fille
Sans parler d’Albert
Qui fait tout le temps des grimaces
Et n’arrête pas d’essayer
D’attraper un rayon de soleil
Rien que de la main
Et puis il y a moi
Mais moi …
