Marie,
Vous donneriez tout l’or du monde
Pour la voir faire sa moue
Mais ni elle
Ni sa moue ne s’achètent
Toutes les deux
Il faut les mériter …
Marie,
Vous donneriez tout l’or du monde
Pour la voir faire sa moue
Mais ni elle
Ni sa moue ne s’achètent
Toutes les deux
Il faut les mériter …
Ne me raconte pas
Que tu es absente.
Tu es là.
Comme jamais, vigilante.
Tu veilles sur moi.
Avoue.
Etait-ce le pays des goths ?
Etait-ce le Sahara ?
Où étais-je ?
Où ai-je
La première fois
Rencontré Marie ?
Les jours se ressemblent
Hâtive est la vie.
A certaines haltes pourtant,
Une douce symphonie :
Marie.
Marie connaît tous mes secrets
Aussi ceux que je garde depuis bien longtemps
Je lui ai raconté le jour où
Courant comme un fou
D’amour pour elle
J’ai failli voler …
Es-Saguia, la serveuse
L’autre soir à la taverne
A dit :
J’interdis le vin
A ceux qui
Quand ils en boivent
S’éloignent de moi.
Et elle a continué :
Les autres,
Enivrez-vous de la vie !
Es-Saguia,
N’est-elle pas merveilleuse ?
N’est pas la guerre
N’est pas le froid
N’est pas la misère
N’est pas les pleurs
(Sauf quand on a envie de pleurer)
N’est pas la solitude
(Je veux dire la solitude qui tue, pas l’autre)
Non, elle n’est rien de tout cela.
Marie.
A choisir entre l’Automne
Et Marie
Je choisis d’ailleurs
L’Automne
Et Marie …
Je me veux sombrer
Mais sombrer dans l’Automne
Et dans mon envol
Je me veux entrainer Marie …
Et aussi les nuits sont belles
Car c’est l’automne.
Seules les étoiles brillent
Qui se savent fidèles.
Le Chaos
En toute saison
S’exprime.
En automne
Il ne fait
- Je vous dis -
Qu’élever la voix …
C’était
Un été
De mauvaise
Qualité.
Mais voici l’Automne
Qui me donnera :
Le vent
De grosses gouttes sur ma vitre
Comme des larmes
Sur tes joues
Une musique
Venue de la noire Amérique
Ma pipe des beaux jours
Mes pantoufles
(Mais où sont-elles donc passées ?)
La solitude
Et dans la forêt,
Les couleurs de la passion …
(Marie ! Ne t’avais-je pas promis une lettre d’amour ?)
Tant qu’à Marie
Me retient
Ne serait-ce que le vent
Le ciel sera bleu
Même s’il est gris.
Si Marie, point d’automne.
L’Automne m’a envoyé ce jour ses messagers,
Des nuages chargés de gris :
Suis-je pour la guerre,
Suis-je pour la paix ?
J’ai fait taire d’un geste
Le temps, mon conseiller.
Prenez !
Tout est à vous, Automne, Votre Majesté !
Ne me laissez
Que Marie …
J’ai effleuré hier du doigt
Notre rêve,
Marie.
Celui, tu sais
Dans ma solitude
Souvent
Dans lequel
Je me réfugie.
Et demain
Au petit matin
C’est décidé
Je m’y engouffrerai.
Douleur de fin d’été
Dans le cœur
Je m’en va chercher
Je ne sais quoi
Dans la rue
Et dans le glossaire.
Nous échangions
Marie et moi
Des mots tendres de zoulous
Jusqu’au jour
Où elle m’a laissé attendre
Sous la pluie
Longtemps
Trop longtemps …
Il me les a ravies toutes
Le temps,
Ce scélérat
Saison après saison …
C’est la canicule
Mais il souffle pour moi
Venu le soir
Une brise fraiche
J’imagine alors
A quelques lieues
Les joues enflées
Les lèvres en O
Un doux visage :
Celui de Marie …
( A Marie S.)
Si tes jours sont de gris
Et ton cœur de silence
Va vers l’été
De nuits bleues, de blés jaunes
De cigale qui chante …